Présentation par l'éditeur
Pourquoi traiter de la justice en l'an mil ? La préoccupation ne relève pas du souci exotique d'ouvrir une parenthèse anachronique que l'an deux mil a mise à la mode. Au moment où la justice contemporaine se préoccupe des rapports qu'elle entretient avec l'État, sur fond d'indépendance entre les pouvoirs, et de ses liens avec l'opinion, sur fond de débats avec les médias, il importe de remonter aux racines d'une histoire des fonctionnements judiciaires. Peu d'historiens s'y sont risqués. Il est vrai que la tâche est rude pour cet an mil pétri d'oralité. Les textes se dérobent et le droit y est traditionnelle-ment décrit comme évanescent, tandis que pèse la main de Dieu.
Est-ce pour autant le règne de l'injustice et du désordre ? On a pu longtemps le croire. Une lecture nouvelle des institutions, des ordalies et de la vengeance permet de poser le problème autrement. Décrire comment se nouent les liens entre le législateur, le juge, les parties adverses et le public revient à comprendre comment, dès cette époque, la justice s'est affirmée à la fois comme un idéal et comme un bricolage, comme un ordre transcendant et comme un besoin venu d'en bas, reconnu aux hommes libres.
Ces communications sur la justice en l'an mil sont issues du colloque qui s'est tenu le vendredi 12 mai 2000, en Grand chambre de la Cour de cassation.
Avec la contribution de :
Dominique Barthélemy, François Bougard, Ghislain Brunet, Robert Jacob, Claude Gauvard, Régine Le jan, Bruno Lemesle, Michel Parisse, pour les actes du colloque.
Vincent Bernaudeau, Christain Biet Louis Devance, Benoît Garnot, Michel Pierre, Denis Salas, Florence Schmidt-Pariset, pour les études et documents.
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