Présentation par l'éditeur
Chacun de nous hérite à la naissance d'un nom, de prénoms, d'un sexe, d'une nationalité et presque toujours d'une filiation, qui constituent les éléments de notre identité personnelle, notre « état civil ». Dans de multiples occasions de notre existence, nous avons à décliner ces éléments, gérés par une administration étatique, pour établir, par exemple, nos pièces d'identité. Quels sont les rapports entre cette identité instituée et le sentiment de soi ?
Les auteurs des contributions, ethnologues pour la plupart et historiens, se sont attachés à analyser quelques lieux et situations particulières qui mettent en jeu des usages diversifiés de l'état civil en cas de changements d'état : état civil des étrangers immigrés, mais aussi des Français de l'étranger, changements de filiation, de sexe et de nom, gérés par les institutions judiciaires et leurs agents, les avocats et les juges. L'un des fils rouges de cet ouvrage concerne les changements de nom, dans le temps des individus et dans l'espace social, le nom des étrangers naturalisés français, celui des transsexuels qui changent de sexe à l'état civil, des religieuses ou des prostituées, noms inscrits sur autant de papiers, personnels ou familiaux, plus ou moins officiels qui, chacun, expriment les multiples facettes de nos personnalités.
Sous la direction d'Agnès Fine.
Agnès Fine, anthropologue et historienne, directrice d'études à l'EHESS, est spécialiste des questions de parenté et de genre dans les sociétés européennes. Elle a publié notamment, Parrain, Marraine. La parenté spirituelle en Europe, Fayard, 1994 ; (dir.) Adoptions. Ethnologie des parentés choisies, Paris, Éditions de la MSH, 1998 ; (dir. avec F-R. Ouellette), Le Nom dans les sociétés occidentales contemporaines, Toulouse, PUM, 2005.
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