Présentation par l'éditeur
La justice est une obligation au sens étymologique puisqu'elle constitue un lien entre les individus. Mais c'est une obligation impossible dans la mesure où il faudrait, pour être juste, tout connaître et combattre toutes les injustices, en ne se contentant pas de réfréner la sienne propre. On ne peut jamais être certain d'avoir été tout à fait juste.
Dans l'expérience, c'est l'injustice qui est première, la justice vient après, par réaction. Encore faut-il pouvoir donner un contenu à cette vertu. Peut-on prendre pour modèle l'ordre naturel des choses ou bien ce modèle ne peut-il être que divin ? Il s'agit, en fait, de constituer un monde de justes rapports de soi à soi, de soi aux autres, des hommes et des choses. La justice est une harmonie, elle est le gage du lien social.
Que ces questions relatives au contenu soient résolues ou non, la justice apparaît comme une impérieuse nécessité, un évident progrès social,
dès lors qu'à la vengeance privée se substitue le procès. L'institution juridique, le législateur, les juges ont à leur charge de réaliser la justice, ainsi entendue. Il n'est pas sans signification que seule cette vertu ait son ministère.
Dirigé par William Baranès et Marie-Anne Frison-Roche.
Avec Jean-Guy Belley, Jean-Michel Bélorgey, Monique Canto-Sperber, Catherine Chalier, Jean-Pierre Dupuy, Philippe Ingall-Montagnier, Blandine Kriegel, Serge Lebovici, Henri Leclerc, Thierry Lévy, François Terré, Dominique Terré-Fornacciari, Alain Weber, Frédéric Zenati.
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