Présentation par l'éditeur
L'argent a toujours joué un rôle dans les activités de commandement et plus largement dans les multiples formes de travail politique. Mais en même temps, les relations entre argent et politiques apparaissent comme déniées et relèvent de la discrétion, sinon du secret. Englué au coeur de représentations sociales, morales et idéologiques très diverses, le financement de la vie politique révèlent des relations très complexes à dénouer.
Tous les pays sont secoués un jour ou l'autre par des « affaires » qui révèlent conflits d'intérêts, corruption, manque de transparence... La multiplication, dans les années 1980, des scandales de financements occultes des partis politiques en France a rendu nécessaire la mise en place d'une législation jusqu'alors inexistante. En 1988, est ainsi adoptée la loi relative à la transparence financière de la vie politique qui fait bénéficier les partis de financements publics. Le dispositif a été depuis progressivement complété, renforçant le contrôle des finances des partis, plafonnant les dépenses de campagnes électorales, jusqu'à la création d'un délit de déclaration de patrimoine mensongère en 2011. Aujourd'hui, c'est en effet l'éthique parlementaire et les conflits d'intérêts qui sont au coeur du débat.
S'attachant à la fois au décryptage de l'univers désintéressé de la politique, aux perceptions publiques de l'argent, à la condition économique de l'homme politique ou au coût de la démocratie, ce dossier replace la législation encadrant le financement de la vie politique dans un contexte élargi qui permet d'appréhender les relations entre argent et politique dans toutes leurs dimensions.
Éric Phélippeau est maître de conférences en science politique, université Paris Ouest - Nanterre La Défense, et chercheur associé à l'Institut des sciences sociales du politique (ISP, UMR 7220 CNRS). Il est l'auteur notamment de « Aux origines d'une codification : l' échec des réformes du financement de la vie politique française 1970-1987 », Revue française de science politique, vol. 60, n°3, juin 2010 ; avec P. Ragouet de « Finance et politique. Une relecture sociologique des comptes des législatives de mars 1993 », Revue française de sociologie, n° 3, 2007 ; et avec A. François il a co-dirigé Le financement de la vie politique française. Des règles aux pratiques (1988-2008), Éditions WEKA, 2010.
|