Le diplomate et l'intrus

L'entrée des sociétés dans l'arène internationale

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286 pages
Résumé

Résumé

Dès qu'il est question de diplomatie, individus, groupes sociaux, peuples ou sociétés sont tenus pour des intrus. La scène internationale a longtemps résisté à cette conquête sociale et, encore aujourd'hui, les non-professionnels n'y sont pas les bienvenus. Domaine réservé, domaine du secret, dernier bastion de la raison d'État, une telle arène n'a pas à accueillir l'homme ordinaire ; tout juste a-t-il le droit d'apparaître en soldat, mais dans un rôle de stricte obéissance et de total sacrifice. Tout acteur extra-étatique n'est que contrefaçon et maléfique perturbateur de l'acte de chirurgie diplomatique, tenu pour technique et non pas social. Le fait international est comme socialement immaculé.

Mais cela revient à occulter l'extraordinaire vitalité internationale des sociétés, leur aptitude à entrer sur la scène internationale, à en définir les enjeux et à en structurer les conflits ; à dissimuler les chaînes causales qui rattachent l'international au social, à sa structure et à ses acteurs ; à négliger les actes internationaux commis par ceux-ci et leur aptitude à s'insérer, parfois avec davantage de succès, dans les modes nouveaux de résolution des conflits.

Qui pourrait nier qu'avec la mondialisation la diplomatie attire de plus en plus de partenaires, économiques, culturels, religieux, associatifs dont on dit, de plus en plus, qu'ils se dotent d'une « diplomatie privée » ? Qui pourrait contester que le diplomate d'État doit avoir une lecture sociologique des enjeux, au-delà de sa traditionnelle lecture stratégique ?

Car l'autre face est bien là, d'autant plus discrète que son efficacité tient à sa vertu de demeurer cachée, voire à son inaptitude à s'organiser. Si les sociétés regorgent d'acteurs internationaux, ceux-ci sont soit des stratèges qui comprennent l'utilité d'avancer masqués sur l'arène, soit des individus et des groupes qui font de la diplomatie sans le savoir, souvent malgré eux et en poursuivant d'autres fins. Appelant à une gestion multilatérale du monde, cette diversification des acteurs se prête donc au multilatéralisme avec les plus grandes difficultés. Les États et leur diplomatie classique savent jouer de ce paradoxe, en profiter et tirer vers eux les inventions les plus nouvelles, au risque de les travestir, voire les dénaturer. Dans ce contexte, le bricolage diplomatique devient monnaie courante...

Professeur de science politique d l'Institut d'études politiques de Paris, spécialiste des relations internationales, Bertrand Badie est l'auteur de plusieurs ouvrages pour la plupart publiés chez Fayard, dont L'État importé (1992), Un monde sans souveraineté (1999), La Diplomatie des droits de l'homme (2002), L'Impuissance de la puissance (2004).
Caractéristiques
ISBN13 978-2-213-63327-5
Titre Le diplomate et l'intrus
Sous-titre L'entrée des sociétés dans l'arène internationale
Date de parution 01/2008
Nombre de pages 286
Type d'ouvrage Essais
Support Livre
Langue Français
Auteur(s) Bertrand Badie
Editeur / Collection / Sous-collection Fayard / L'espace du politique
Thème Droit > Droit international et étranger > Relations internationales
Thème secondaire Droit > Théorie / Sociologie / Histoire / Philosophie / Histoire du droit > Sociologie / Linguistique
ISBN10 2-213-63327-4
Format Papier

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